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Karim DAHOU, Tarik DAHOU et Cheikh GUEYE
INTRODUCTION :La zone « SKBo » (Sikasso, Korhogo et Bobo Dioulasso) constitue l’une des régions d’Afriquede l’Ouestles mieux susceptiblesde mettre en exerguela pertinencede la notion d’espacesde solidaritésous-régionalec,ommelieuxde brassageet d’intégrationréelle.Elle le doit à une configurationgéographiqueparticulièreet à l’histoirede ses sociétés, marquée par une extrêm emobilit éspatial eet sociale .

Elle pose la problématiq udees rapport sentredes périphéri ensational e(sIgué ,1989 )de troi spaysde la sous-régi o(nle Mali ,la Côted’Ivoir et le Burkina Faso), qui développentdes dynamiquespropres, se rejoignentet forment un sous- territoireau fonctionnemenct omplexe.Que représententles régionsde Sikasso,Korhogoet Bobo Dioulasso au sein de leurs pays respectifs ? Dans quelle mesure sont-elles convergentes au point de formerce qu’on appell eun espacede solidarit é? Quelleest l’historicit éde cet espace de solidarité ? Ces questions, tandis qu’elles intéressent l’avenir de la zone, obligent à
se pencher sur son passé. La crise en Côte d’Ivoirene fait d’ailleursque soulignerl’urgence
de ces interrogations et la nécessité d’une réflexion sur les rapports entre gouvernement central et collectivitésterritorialesinfra étatiques,ainsi qu’entre « institutionsnationales» et
« minorités culturelles » en Afrique de l’Ouest.L’évolution de  la  région est  liée  à  plusieurs types  d’histoires, celle  du  Kénédougou précoloni ael t colonia lc, ell ede la constructi odnes Etats-natio nasprè sl’Indépendan ceet celle qu’inventent les acteurs contemporains. Si l’histoire politique de la région est importante, elle n’est cependant pas le seul facteur de la construction identitaire singulière qui sous-tend la
relativehomogénéitédes peuples,des spéculationsagricoles,des systèmesde productionet d’échange. Les phénomènes contemporainsdéterminent également des changements sociaux, économiques et politiques. Ces transformationsopèrent à leur tour dans le cadre de frontières qui représentent des discontinuités parfois rigides et paralysantes, mais souvent créatrices d’opportunités commerciales et de liens sociaux pour de nombreux acteurs.Comme d’autres espaces frontières, SKBo interroge donc la tension entre construction nationale et dynamiques transfrontalières.Déterminées tant par l’histoire que la géographie et
le commerc ec, es dynamiqu es oulève nlta questio nde l’articulati oenntreun territoir ede solidaritésocialeou culturelleet les entitéspolitiquesque représententles « Etats Nations»
(I). En particulie rl,e chevauchemen ts,ur les mêmes territoire sd, e normesaussi bien sous- régionalesque nationales,locales et coutumières,est à l’originede tensions.Dans un espace
de migration se,lle sne s’exprime nstans dout enull epart avec autan td’acuit éque dans le domaine foncier (II). Mais les phénomènes de straddling ne concernent pas seulement la
recompositi odnes rapport ssociau xentrepopulation sà la fois parente set concurrente si,ls affectent également des filières de production qui recoupent différents niveaux (III). Personne
autant que les commerçantsne parvientà manipulertous ces registresconcurrentsafin d’en maximiserles utilités.S’ils contribuentde ce fait à désarticulerl’espace,ils sont néanmoins
les principau xvecteur sde sa polarisati ohnistoriqu e t, peut être,futur e(IV).SKBo n’est cependant susceptible de s’assumer en tant qu’espace de solidarité réelle, que si les stratégies
des différents acteurs convergent à plusieurs niveaux. L’interactionentre groupes d’intérêts à
toutesles échellesde la productionéconomiqueet normativedevraitdonc mobiliserla plupart
des efforts d’intervention des politiques.L’ESPACE  SKBO,  UN  SOUS-TERRITOIRE  DE  SOLIDARITE  AU CONFLUENT DE TROIS FRONTIERES NATIONALESUn substrat à la solidarité : des conditions physiques et sociales communesUne zone de solidarité se mesure à l’aune et à la force des liens multiformes qu’entretiennent le peuplement, les activités économiques,les échanges, la culture, l’identité. La région SKBo présente  des  caractéristiques éco-géographiques qui  contribuent  à  homogénéiser son peuplement et à façonner des systèmes de production similaires ou complémentaires. Cet aspect l’érige sans nul doute en espace de solidarité au moins potentiel.Elle fait partie de ce qu’on a coutume d’appeler la zone « d’endémisme soudanien », qui
forme une bande latitudinal erelativeme nét troit es’étendan tde la côte sénégalais ejusqu’au
pied des hauts plateauxde l’Ethiopie.Tout au long de cette bande, le relief est relativement plat exceptéquelquesplateauxet bourreletstémoinsd’une érosiondifférentielleancienneet culminant entre 200 et 1100 m. Sa végétation naturelle est une forêt de type clair qui a
progressiveme ndtispar udes zones de culture .Dans les région smoins densémen tpeuplées, c’est la jachère buissonnante qui prédomine, c’est à dire une forêt clairsemée à différents
stades de régénération suite aux longues périodes de cultures du coton. La région SKBo
forman tun triangl equi s’éten den latitud e(entre8 et 12 degrés )plus qu’en longitud ee, lle
épous edes forme sclimatiqu eest végétativ erselativeme ndtiversifié etso, u ten conserva nutne uniformité évidente. La pluviométrie – avec un minimum moyen de 1100 mm/an – y est relativement abondante par rapport à d’autres régions d’Afrique de l’Ouest. A cela s’ajoutent les différentiels de relief qui, aussi mineurs soient-ils, rompent légèrement l’uniformité paysagique et offrent des potentialités hydriques et pédologiques plus importantes dans certaines zones : c’est le cas des vallées, des bas-fonds et des glacis d’épandage.Ces conditions favorables mais différenciées ont fait de l’espace SKBo, pourtant partagé entre trois pays, un territoire qui a depuis longtemps attiré des peuples divers et construit une culture de la mobilité et de l’échange, favorisant ainsi le brassage. Comme dans d’autres
contextesafricains,il est devenu difficiled’y associerune ethnie et un Etat, tant les peuples sont imbriqués, liés par des alliances anciennes et renouvelées, localisés de part et d’autre des frontières. Dioulas, Sénoufos, Bambaras, Bobos, Peuls, Samos, Mossis (Makas) sont très proches de par leurs histoires, leurs langues, leurs activités économiques. Les Dioulas se confondent souvent avec les Bambaras qui constituent une ethnie identifiée au Mali. Les
Sénoufo sde Côte d’Ivoir eproviendraie net ux-même sdu Mali. Les Dioulaset les Sénoufos
évoluent dans les trois pays. Ces populations éprouvent des sentiments d’appartenance commune nourris par la religion musulmane, les liens matrimoniaux et coutumiers (les mariages et les funérailles se font souvent entre familles de plusieurs pays), les activités économiqu ees t les échange squi leurdonnen tl’opportuni tdée se connaîtr ed, e s’apprécie rd, e partager des valeurs semblables qui s’incarnent dans des identités propres.Le métissag ene se construit- ipl as souven tà partird’un ancrag ed’origin e? Les différents groupes de la région cohabitent depuis plusieurs siècles au sein des mêmes formations
politiques: le royaume du Kénédougoua vu le jour à Korhogo,puis connu son apogée et sa chute à Sikasso ; l’empire de Samory a par la suite raccordé Bobo Dioulasso aux deux villes.
Si la colonisation n’a pas interrompu les échanges entre les peuples, la création des frontières a cependant modifié, comme d’autres événements plus récents, la structure du commerce
régional.  Elle  a  notamment  compliqué,  à  l’instar  de  l’avancée  baoulé  dans  la  zonepréforestiè rlea, tâch edu commerc ede longu edistanc eL. es réseau xcommercia udxioula sont donc davantage investi, progressivement, l’espace local/régional. Que représentent d’autres évolution scommela constructio ndu port d’Abidja nà parti rde 1952 et l’émergenc ede la Côte d’Ivoire comme nouvelle zone de croissance pour une région qui était longtemps demeuréetournéevers la Sénégambie? Quel est l’impactde la crise ivoirienne,tant sur son unité que sur ses spécialisationscommerciales,appuyéessur la présencedes frontièreset les
complémentarité sous-régionales? Les échangesde Cola (de la Côte d’Ivoirevers le Burkina
Faso, le Mali et le Sénégal),de bétailet d’oignons(du Sahel vers les pays côtiers)révèlent l’historicit éde flux Nord-Su det Sud-Nor dqui caractérise ndt epuislongtemp sle commerce intrarégional .Alorsque les échange sentrepays sahélien senclavé set pays côtier sse sont considérablementaccrus à l’époque contemporaine,le conflit ivoirien menace leur continuité et compromet, de fait, une fonction d’échange qui a fait la prospérité de l’espace SKBo.SKBo : un triangle entre constructions nationales et dynamiques sous-régionalesLa Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso représentent trois constructions politico- territoriales différentes, avec des zones agricoles, des armatures urbaines, des réseaux, des flux et des peuplements déterminées par les choix gouvernementaux, les activités économiques, les migrations internes et externes. Il est intéressant d’étudier comment certains espaces d’Afrique de l’Ouest fonctionnent en conjuguant ancrage dans de tels territoires nationaux et articulation avec des espaces de solidarité sous régionaux.Sikasso ,Korhogoet Bobo Dioulass osont, à l’insta rde Kankan,Tamalé,Odienné ,etc., des exemples types de villes secondaires soudaniennes importantes à l’échelle régionale, qui
interagissentavec des hinterlands ruraux dont elles constituentles capitales-marchésc, réant des  besoin

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