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Le Consortium pour la Participation Politique des Jeunes et des femmes (CPPJF), composé des ONG Afard, Akad, Casades, Enda Diapol, Jed, La Lumière et Oxfam, a participé aux côtés du Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Elections (COSCE) au monitoring des élections locales de 2014 au Sénégal. A l’issue de sa mission, le COSCE a livré, ce lundi 30 juin 2014 à la presse, sa Déclaration.

CONTEXTE :

Conformément à sa mission de veille, d’alerte et de médiation, le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Elections (COSCE) composée des organisations (ANAFA-ENDA GRAF-ENDA DIAPOL-RADDHO-ONDH- ONG 3D- RESEAU SIGGIL JIGEN-RADI-RADIO OXYJEUNES-LSDH-AMLD-LCS-HANDICAP FORM EDUC-AJED-REAVPOL), a mis en place au niveau de son siège, ONG 3D cité Comico Mermoz, un dispositif d’observation des élections dans le but de veiller au bon déroulement du scrutin et de formuler des recommandations suite aux dysfonctionnements relevés.

Ce dispositif appuyé par Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), comporte une situation room à 3D et des observateurs déployés dans Dakar et sa banlieue, ainsi que dans les autres localités du pays.

Les élections locales de 2014 font suite à une profonde réforme de la politique de décentralisation du Sénégal avec ce qui est communément appelé « l’acte III de la décentralisation ». La suppression de la région, l’érection du département en collectivité locale, la communalisation intégrale, mais surtout la volonté politique affichée de créer des territoires « viables, cohérents et porteurs de développement » sont autant de facteurs explicatifs de l’enjeu autour de ces élections.

CAMPAGNE ELECTORALE :

La mission note l’indigence du débat programmatique au profit d’activités qui favorisent moins la présentation d’un projet de développement local. Il faut condamner fermement les violences qui ont émaillé la campagne électorale parce qu’en plus de ternir l’image de notre démocratie, elles portent préjudice à la régularité du processus électoral.

DEROULEMENT DU VOTE :

Le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité dans l’ensemble des bureaux de vote.

La mission a néanmoins observé une ouverture tardive de la plupart des bureaux de vote, soit entre contrairement à la loi qui fixe l’heure d’ouverture à 8 heures. Cela était principalement dû entre autres au retard des membres des bureaux de vote et à la mise en place du matériel électoral.

Le matériel électoral était au complet dans la plupart des bureaux de vote même s’il faut regretter l’absence d’encreurs dans d’autres ou encore la mauvaise qualité des enveloppes.

La mission estime également que l’installation d’abris provisoires dans certaines localités comporte des risques quant à la garantie du secret du vote.

PRESENCE DES MEMBRES DES BUREAUX DE VOTE ET DES REPRESENTANTS DE COALITIONS :

La mission déplore l’absence de représentants de plusieurs coalitions dans des bureaux de vote où seuls les grands regroupements ont été majoritairement représentés. A l’opposé, les membres des bureaux de vote ainsi que les représentants de la CENA étaient présents dans tous les bureaux de vote visités.

LA PARTICIPATION :

La mission constate un faible taux de participation (moins de 40%). Le nombre important de listes et le vote double (communal et départemental) ont provoqué une lenteur des opérations.

Il convient également de noter une faible accessibilité des bureaux de vote pour les personnes vivant avec un handicap et les personnes âgées, ce qui a pu constituer un obstacle à leur participation. La ressemblance des couleurs des bulletins de vote de certaines coalitions a également entraîné des confusions dans le choix des électeurs.

D’autre part, le scrutin a révélé la nécessité de renforcer l’information des électeurs et l’éducation aux techniques de vote à temps.

ENVIRONNEMENT ELECTORAL ET SECURITE :

Le scrutin s’est déroulé dans une ambiance généralement apaisée avec une présence rassurante des forces de sécurité.

Toutefois, certains comportements sont de nature à perturber la régularité du scrutin. Il s’agit entre autres des campagnes déguisées aux alentours des Bureaux de Vote, notamment par le port de signes d’appartenance à des coalitions, les regroupements autour des bureaux de vote, l’influence des électeurs, les tentatives de vote double, l’achat de conscience…

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS :

La mission félicite le Ministère de l’intérieur et la Direction Générale des Elections pour la bonne organisation du scrutin dans les conditions difficiles que l’on sait (notamment avec plus de 2700 listes de candidats). Elle félicite également la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA), l’ensemble des citoyens et la classe politique qui ont fait preuve de maturité et de responsabilité. Elle souhaiterait toutefois faire les recommandations suivantes aux différents acteurs :

A L’ETAT

– Associer davantage la société civile au processus de désignation des membres de la CENA qui en émanent, conformément à la loi portant création et organisation de cette institution.

AU MINISTERE DE L’INTERIEUR:

– Veiller à désigner les membres des bureaux de vote en tenant compte de leur propre lieu de vote de façon à leur permettre d’accomplir leur devoir citoyen le jour du scrutin ;

– Prévoir les candidatures indépendantes pour respecter le caractère citoyen des élections locales ;

– Repenser les conditions de la candidature aux élections locales pour éviter la floraison des listes en exigeant, entre autres, un système de parrainage ou un nombre de signatures obligatoires et le dépôt d’une caution;

– Travailler, dans un cadre plus global, à la rationalisation de l’espace politique en régulant les partis de manière beaucoup plus rigoureuse.

A LA SOCIETE CIVILE:

– Insister davantage sur la sensibilisation et l’information des électeurs pour favoriser la participation

– Renforcer l’éducation et la formation des électeurs, notamment sur la non-violence et les techniques de vote.

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