Opération pilote Sénégambie méridionale : Acquis, contraintes et perspectives
Mécanisme de facilitation pour la réalisation du plan d’action
Quelques acquis et résultats
Contraintes
Perspectives
L’opération pilote d’appui aux initiatives de coopération transfrontalière en Sénégambie méridionale a été lancée suite à l’organisation d’un atelier de lancement à Ziguinchor entre le 25 et le 26 octobre 2005. La démarche a consisté à s’appuyer sur la présentation des initiatives existantes pour que soit obtenu un appui officiel des institutions nationales focales.
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Télécharger les discours officiels tenus lors de l’atelier
Télécharger la liste officielle des participants de l’atelier
L’atelier de Ziguinchor a abouti à la formulation d’un plan d’action comprenant dix neuf propositions afin d’amorcer une dynamique d’actions et d’échanges dans les domaines suivants :
Gestion des ressources naturelles
Développement économique et libre circulation des personnes et des biens
Promotion de la paix par le développement social et économique
Pour appuyer la mise en œuvre du plan d’action, les Etats du Sénégal, de la Guinée Bissau et de la Gambie ont depuis la fin de l’année 2005 soumis aux représentations du PNUD dans leur pays une requête de financement d’un projet de facilitation. Concernant la Guinée Bissau et la Gambie, les requêtes de financement des projets de facilitation ont été approuvées. Concernant le Sénégal, le représentant résident du PNUD à Dakar a fait part de l’impossibilité de son institution à financer ce projet de facilitation, malgré l’intérêt porté à l’initiative.
Du fait du retard enregistré dans la désignation des facilitateurs ainsi que l’absence d’un projet de facilitation pour la zone Sénégal, Enda Diapol anime depuis octobre 2005, avec les équipes d’Enda ACAS de Ziguinchor et de Kolda et en partenariat avec le CSAO/OCDE et la GTZ Procas, un réseau d’acteurs locaux issus des trois pays (Sénégal, Gambie, Guinée Bissau). Il s’agit d’associations de jeunes et de femmes, d’organisations de producteurs, d’élus locaux, d’ong, programmes et projets locaux, d’autorités administratives et de services déconcentrés. La réalisation des travaux de terrain et la circulation dans la zone se trouvent facilitées par les partenariats étroits développés avec les ministères concernés dans chacun de trois pays. Au Sénégal, afin d’assurer une meilleure cohérence dans la mise en oeuvre du plan d’action, un dispositif de coordination a été mis en place dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Tambacounda sous l’autorités des gouverneurs.
Au cours des années 2006 et 2007, les efforts conjugués d’Enda Diapol, du CSAO/OCDE et de la GTZ Procas ont notamment permis :
De maintenir un dialogue régulier avec les participants à l’atelier de Ziguinchor afin de les tenir informés de l’évolution du processus.
D’appuyer la constitution d’un réseau transfrontalier des radios communautaires de la Guinée Bissau, du Sénégal et de la Gambie :
Avec l’appui d’Enda-Diapol, du CSAO et la GTZ-Procas, le Réseau Transfrontalier des Radios Communautaires de la Guinée Bissau, du Sénégal et de la Gambie (RETRARC – GUISENGAM) est créé en septembre 2006 à Djalicunda en Guinée Bissau. Il est composé de onze (11) radios membres. Des activités conjointes y ont été programmées telles que des échanges d’expériences, un renforcement de capacités entre techniciens et journalistes, une ligne éditoriale commune sur des thèmes au cœur des enjeux transfrontaliers. En février 2007, à Bignona (Sénégal), les radios s’accordent sur l’adoption d’un règlement intérieur, d’une vision et de missions communes. La formation des membres y est définie comme une priorité du réseau. Les besoins en renforcement de capacités concernent aussi bien la production radiophonique, la gestion du matériel et l’utilisation des NTIC que la formation au traitement de l’information en zone post-conflit. Particulièrement sensibles aux tracasseries subies par les populations lors du passage de la frontière, les radios membres du RETRARC ont soumis une requête auprès de la CEDEAO pour proposer la vulgarisation des textes sur la libre circulation des biens et des personnes vers les auditeurs.
D’appuyer la constitution d’un réseau des professionnels de la filière apicole des trois pays :
La maîtrise de la filière et sa redynamisation depuis la production jusqu’à la commercialisation nécessitent des collaborations frontalières entre organisations d’apiculteurs et entre autorités administratives et services techniques déconcentrés. Les acteurs se sont mis officiellement en réseau à l’occasion d’un atelier co-organisé Enda-Diapol, le CSAO et la GTZ Peracod en novembre 2006. Depuis, les professionnels de la filière apicole se sont à nouveau réunis à Brikama (Gambie) en février 2007. La rencontre a débouché sur la formulation d’un plan d’action transfrontalier mettant l’accent sur des stratégies communes de commercialisation, d’harmonisation des qualités et des prix ainsi que sur la mutualisation des équipements disponibles.
D’appuyer l’organisation d’un festival transfrontalier dans la zone de Diouloulou (Sénégal) et Brikama (Gambie) suite à la réfection d’une piste entre les deux pays par les populations frontalières elles mêmes :
Au sortir de l’atelier de lancement officiel de l’opération pilote, l’ASAPID , l’UFDN , le CADP ainsi que l’association gambienne Kartong Kabajo Link for Cooperation ont combiné leurs efforts et consolidé leur collaboration dans la zone frontalière située entre Diouloulou (Sénégal – département de Bignona) et Brikama (Kombo South - Western Region of the Gambia). La première activité concrète a consisté à réhabiliter une piste de production située entre Diouloulou et Brikama via Koudioubé. Cinq cent personnes ont travaillé pour éviter, par un système de canalisation ingénieux, la stagnation de l’eau dans des flaques importantes permettant ainsi aux véhicules de mieux circuler. Quelques réunions de sensibilisation sur l’intérêt de coopérer par des initiatives transfrontalières communautaires pour renforcer la sécurité dans la zone conduisent à l’organisation d’un festival culturel des peuples transfrontaliers en novembre 2006 (collaboration CSAO, GTZ-Procas et Enda/Diapol). Le plan d’action transfrontalier qui en découle vise notamment la création de pépinières communautaires pour remédier à la dégradation des ressources forestières, la désalinisation certaines vallées transfrontalières, la fluidification du trafic routier entre les deux pays par des concertations régulières entre organisations de transporteurs gambiens et sénégalais, etc.
La poursuite de l’appui aux comités de paix transfrontaliers qui réalisent un travail remarquable de médiation et de prévention des conflits :
Dans de nombreuses zones transfrontalières de la Sénégambie méridionale, des comités de paix ont été créés pour prévenir les conflits locaux provoqués par les vols de bétail, la compétition autour de l’usage de la terre, l’accès à l’eau ou aux ressources forestières. En fédérant les efforts des associations de jeunes, des chefs traditionnels et des autorités administratives, ces comités inventent des modes originaux de prévention et de gestion des conflits plus appropriés au contexte transfrontalier. L’implication de ces comités dans les problèmes transfrontaliers de sécurité donne de plus fréquemment aux autorités administratives homologues l’opportunité de se rencontrer.
L’initiation de rencontres transfrontalières entre autorités administratives déconcentrées :
Suite à l’atelier de Ziguinchor et suivant les recommandations des participants, le Ministère de l’Intérieur sénégalais a demandé aux gouverneurs d’allouer une part de leurs budgets à l’organisation de rencontres périodiques avec leurs homologues. Dans ce sens, une rencontre a été tenue en janvier 2006 à Dioulacolon (région de kolda) entre les autorités administratives des régions de Kolda (Sénégal), Cacheu, Bafata et Gabu (Guinée Bissau). Une planification de rencontres périodiques a été établie. Elle prévoit l’organisation de rencontres entre gouverneurs tous les six mois, entre préfets tous les trois mois et chaque fois que de besoin entre les sous préfets. Cependant, les rencontres transfrontalières entre autorités nécessitent des moyens financiers et logistiques qui font défaut la plupart du temps. Etant donnée l’importance de ce genre de rencontres, des solutions doivent être trouvées à ces problèmes financiers.
Toutefois, et bien que les populations frontalières soient fortement mobilisées autour de l’initiative PIT, l’impact des actions de coopération transfrontalières développées sur le terrain se trouve aujourd’hui limité par les contraintes suivantes :
Le dispositif d’accompagnement de la part des Etats leur rôle vis-à-vis des vis-à-vis des acteurs locaux, des organisations intermédiaires et de la CEDEAO, n’a pas été assez clairement défini
Le rôle des acteurs notamment institutionnels et les relations entretenus entre chacun d’entre eux n’ayant pas été clairement explicités lors de l’atelier de Ziguinchor, l’appui politique aux initiatives de coopération transfrontalières, a pu souffrir quelques retards. Malgré le travail de facilitation entrepris notamment par Enda Diapol, Les Etats n’ont pas été assez régulièrement informés des avancées réalisées sur le terrain. Les aléas de la vie politique sénégalaise et bissau guinéenne notamment, n’ont également pas facilité l’accompagnement régulier du processus par des structures publiques focales aux échelles nationales.
L’encadrement du processus au niveau de la CEDEAO a également accusé quelques retards
En raison de contraintes institutionnelles tenant notamment au fait que la coopération transfrontalière n’a pas pu bénéficier pendant longtemps d’une structure coordinatrice au plus haut niveau de représentation de la CEDEAO, les Etats ont manqué d’interlocuteurs pour produire des avancées notables à leurs frontières nationales. Aujourd’hui, la décision ayant abouti à la supervision du processus par le Commissaire chargé du Commerce, des Douanes, de l’Industrie, des Mines et de la Libre Circulation des Personnes et des Biens, devrait permettre une coordination plus effective à toutes les échelles de décisions.
La mobilisation des ressources financières nécessaires au développement des initiatives de coopération transfrontalière demeure difficile
La démarche d’appui à la coopération transfrontalière reste encore trop innovante pour les mécanismes actuels de l’aide publique au développement en raison du fait qu’elle concerne à la fois les champs du développement local et de l’intégration régionale. Le fonctionnement des coopérations bilatérales n’ayant pas été habitué à dégager de manière équitable des ressources en faveurs d’activités transfrontalières, l’efficacité de l’appui au processus PIT sur le terrain ne s’en est pas trouvé facilité.
Le développement d’un projet de relance d’une phase transitoire du PIT
Avec l’appui de ses partenaires du réseau WABI, la CEDEAO élabore actuellement un projet PIT de transition d’une année qui vise à :
Les activités d’information, de communication et de capitalisation planifiées dans le cadre de ce projet d’un an, permettront de valoriser le travail accompli et de garantir l’obtention de fonds plus substantiels pour une reprise conséquente des appuis dédiés aux initiatives de coopération transfrontalière.
Le lancement du programme paix et sécurité en Sénégambie méridionale
Grâce à l’appui de la coopération autrichienne, Enda Diapol met en oeuvre à l’heure actuelle un programme bi-annuel (2008 – 2009) visant à consolider les conditions de la paix et de la sécurité en Sénégambie méridionale par la promotion des initiatives de coopération transfrontalière. De façon plus spécifique, ce programme vise les quatre objectifs suivants :
En 2008, le programme « Paix et Sécurité » d’Enda Diapol a débuté par le lancement de plusieurs études et recherches actions qui donneront notamment l’occasion aux acteurs institutionnels et aux partenaires stratégiques de coordonner leurs interventions pour accompagner de manière plus efficaces les réalisations sur le terrain. Parallèlement, les initiatives d’ores et déjà appuyées dans le cadre du PIT, obtiendront des soutiens tout au long du programme. sont en effet prévus au cours du premier semestre :
La validation du fonctionnement du réseau des radios communautaires, le développement de ses partenariats et la réalisation de trois sessions de formations touchant notamment aux questions du traitement sensible de l’information en zone post conflit ;
Le réseau apicole bénéficiera d’un appui technique pour l’obtention de ressources financières à la réalisation du plan d’action de Brikama. Une enquête menée auprès des opérateurs apicole est également en cours d’exécution. Elle permettra d’étoffer nos connaissances sur le fonctionnement de cette filière et les organisations apicoles qui exploitent cette ressource pour enfin, étudier la faisabilité d’un rapprochement entre opérateurs par bassins de production transfrontaliers ;
Le comité transfrontalier à l’origine de l’initiative de coopération transfrontalière entre Diouloulou et Brikama se verra appuyé par enda Diapol lors d’un atelier qui se tiendrz entre le 11 et le 13 avril à Marakissa (Gambie).