Cohérence des politiques, facteur de cohésion sociale, de consensus et d’émergence de projets de sociétés
Eléments de diagnostic dans le contexte de l’Afrique de l’Ouest :
Solutions et perspectives :
Fiches secteurs
La cohérence des politiques publiques constitue un enjeu stratégique pour la "société civile", les gouvernants et les "partenaires au développement" à la fois pour l’efficacité des actions prévues, leur impact et surtout leur durabilité.
L’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques participées, ou « cohérentes » ou « coordonnées » appliquées à toutes les échelles (du local à l’international) dans le but d’atteindre les objectifs de développement sont devenus une nécessité pour l’atteinte des objectifs de développement durable, notamment ceux du millénaire pour le développement, en Afrique de l’Ouest. Le but de la cohérence des politiques est d’harmoniser les objectifs nationaux et régionaux de développement dans les différents domaines afin de rendre les systèmes économiques plus efficients. A y regarder de plus près, les éléments d’incohérence des politiques publiques sont si nombreuses et diversifiées dans le champ d’action des institutions en charge de la gouvernance des politiques publiques que les coûts de ceux-ci peuvent être parfois plus élevés que les investissements et l’aide au développement consacrés par ces institutions De même, risque d’une inefficacité ou d’une annihilation de ces politiques présente des effets négatifs pour les organisations de la société civile qui interviennent dans ces champs d’action. Ces effets négatifs sont plus remarquables pour des institutions qui font du « Dialogue Politique » leur stratégie afin de promouvoir le changement politique et social. Au-delà de la description et de la compréhension des éléments d’incohérence, il s’agit pour une institution comme Enda Diapol de voir comment la thématique sur la cohérence des politiques publiques peut être un facteur pour impulser le Dialogue Politique dans nos différents champs d’action et comment elle peut être placée au cœur de notre stratégie d’intervention.
La cohérence des politiques peut se définir comme l’ensemble des liens et mécanismes qui permettent de donner une pertinence aux politiques publiques à différentes échelles (locale, nationale, régionale ou internationale). En d’autres termes elle permet d’harmoniser les objectifs nationaux et régionaux de développement dans différents domaines, qu’ils soient sectoriels ou transversaux, afin de rendre les systèmes économiques plus efficients. Assurer une bonne cohérence des politiques signifierait donc la mise en place d’une vision commune, la définition d’actions de développement complémentaires, structurées et donc non contradictoires.
Local, national et sous-régional
o Inadéquation entre les orientations stratégiques prônées et les programmes et initiatives mis en oeuvre ;
o Absence de coordination des politiques entre les différentes institutions étatiques, institutions sous-régionales, société civile et partenaires financiers ;
o Incohérence entre les différentes actions d’institutions étatiques : initiatives, programmes, aspects juridiques,
o Non implication de tous les acteurs du secteur dans les instances de décision et/ou les définitions des programmes et initiatives des Etats ;
o Inadéquation entre les accords commerciaux établis et les politiques nationales en vigueur ;
o Inexistence d’indicateurs ou de données stratégiques permettant de faciliter l’orientation stratégique des différents acteurs ;
o Difficultés à harmoniser les intérêts nationaux avec les intérêts régionaux dues à un manque d’identité régionale ;
o Blocage dans la mise en œuvre des politiques régionales dues à un manque d’harmonisation entre les instances créées au niveau sous-régional et les principes de souveraineté nationale ;
o Absence d’interlocuteurs crédibles dans le processus de prise de décisions et de choix stratégiques pour l’ensemble des acteurs. Tant sur le plan national que régional
o Difficultés d’accès aux données ou informations ce qui entraîne la remise en cause les choix stratégiques des différents acteurs ;
o Non application des lois et règles éditées sans s’appuyer sur une base sociale large et du fait de leur non adéquation aux dynamiques réelles
o Contradictions et effets de doublures dans le financement des programmes ou initiatives ;
o Affaiblissement des pays et réduction de leurs capacités de négociations du fait d’une prise en charge individuelle des intérêts communs aux différents pays ;
o Impacts réduits/superficiels sur le développement